L’écriture : une thérapie, un moyen de dénonciation

Pour beaucoup, l’écriture est un exutoire, une thérapie, car c’est une manière pour eux d’extérioriser ce qu’ils ont eu à vivre, faire part aux autres de certains de leurs vécus.

D’ailleurs, des études scientifiques ont démontré que le fait d’écrire reste bénéfique, sachant que cela procure un bien énorme !

En termes de thérapie, elle permet de soigner comme on le dirait si bien : les Maux par les Mots.

Rappelez-vous ces jeunes filles qui avaient à l’époque : un journal intime.

Je me souviens que j’en possédai lorsque j’étais adolescente, j’y écrivais tout ce que je faisais durant mes journées, mais surtout ce qui me blessait, me tenait à cœur ou ce à quoi j’aspirai !

Pour ma part, d’ailleurs, l’écriture a toujours été un moyen pour moi de me vider lorsque je suis en colère ou que je ressens une certaine amertume suite à certaines expériences.

Elle a ainsi toujours été thérapeutique à mon endroit !

Et, depuis 2017, la période durant laquelle j’ai lancé ce blog : les pensées de Nicole, j’essaie à travers l’écriture, de dénoncer à la fois diverses choses qui se passent aussi bien dans la société sénégalaise, comme dans le monde, et de redonner le courage, motiver toutes ces personnes qui ont tendance à baisser les bras face à certaines épreuves de la vie.

Il faut noter que de nos jours, les influenceurs qui ont fait tout comme moi, le choix de s’orienter vers : un blog de société, sont dans l’optique d’aborder des thèmes clés, pour dénoncer et sensibiliser.

Je citerai aussi : les bons comportements à adopter afin de trouver le juste équilibre dans sa vie, avoir une vie plus épanouie !

De plus, personnalités politiques, artistes, célébrités, slameurs… ont recours à l’écriture afin de dévoiler dans leurs œuvres ce qu’ils ont déjà traversé ou pour faire de leurs plumes : leur outil de combat !

1. Les oeuvres autobiographiques ( Romans )

Il y a quelques années déjà, j’avais eu à lire le roman autobiographique de Katoucha Niane ( ancienne Top modèle très connue, décédée tragiquement en 2009 et fille de l’écrivain : Djibril Tamsir Niane ) intitulé : Dans ma chair.

Un ouvrage qui m’avait tellement ému, de par ce qu’elle avait vécu.

Elle y raconte son enfance dont l’excision qu’elle a subi, ses expériences amoureuses qui pour la plupart, ont été des échecs !

Il a fallu lire cette œuvre, afin de me rendre compte à quel point cette femme avait souffert au cours de sa vie !

C’est ce qui m’avait le plus marqué d’ailleurs dans ce livre dans lequel elle se confie de manière la plus naturelle possible, en évoquant tout ce qu’elle a eu à traverser !

Samira Bellil !

Ce nom parle surement à certains d’entre vous !

Elle était une jeune activiste française, engagée au sein du mouvement : Ni putes, ni soumises.

Victime d’agressions sexuelles alors qu’elle n’avait que 13 ans, cette femme avait vécu des viols collectifs.

Le premier avait eu lieu lorsqu’elle fit la connaissance d’un caïd de son quartier dont elle tomba amoureuse, qui la livra à ses amis.

Dans ses écrits , plus précisément son roman : Dans l’enfer des tournantes, elle y évoque ses douloureuses expériences dont également le rejet par sa famille durant ces périodes, qui ne l’avait pas soutenu dans ces moments, ainsi que celui de ses amies.

C’est après la sortie de ce livre, qu’elle s’est fait connaitre !

Je me rappelle encore de cette fois où j’avais lu ce livre qui m’avait presque traumatisé, tellement j’avais été dégoûtée par autant de méchanceté et de lâcheté, de la part de ces garçons qui à l’époque étaient déjà des bourreaux !

Cette femme avait tout simplement vécu : l’horreur la plus inimaginable durant cette étape de sa vie !

Nelson Mandela a également beaucoup eu recours à l’écriture durant cette période difficile de sa vie, lorsqu’il était emprisonné !

Je rappelle qu’il a passé exactement : 27 ans en prison !

27 ans durant lesquels il écrivait des lettres aux autorités, à sa femme : Winnie Mandela, ainsi qu’à ses compagnons de lutte.

Parmi celles-ci : 255 lettres exactement ont ensuite fait l’objet d’un ouvrage intitulé : Les lettres de Prison de Nelson Mandela.

Des écrits poignants, touchants dans lesquels il se livre, en y relatant ce qu’il a surtout vécu en prison.

Il y a également son autobiographie : Un long chemin vers la liberté, qui est le récit de son enfance , en passant par son mandat présidentiel.

Ce bouquin met en exergue ses années en prison ainsi que son combat contre l’apartheid.

2. Les œuvres musicales

De nombreux artistes à travers leurs chansons parlent de faits de société qu’ils dénoncent ou encore y parlent de ce qu’ils ont déjà vécu.

Il s’agit surtout des artistes qui écrivent eux-mêmes les textes de leurs chansons !

De nos jours, il y a énormément d’artistes engagés, notamment les rappeurs.

Parmi eux, il y a Youssoupha, Kery James, du côté du rap français.

Youssoupha dans une de ses chansons disait :

La rue nous tue, certains la traitent comme une mère, alors je l’appelle « Véronique Courjault » .

Kery James utilisait également les propos ci-dessous dans son titre Racailles :

Comme toute la France d’en bas j’crois plus aux politiciens
J’continue le combat, j’crois au réveil citoyen
Racailles!
Pour changer les choses il faut le vouloir
Vous n’avez pas de cause profonde si ce n’est le pouvoir
Racailles!

Aux Etats-Unis, il y a l’exemple de Kendrick Lamar qui dénonce beaucoup les violences policières, le racisme… dans ses textes de chanson.

Exemple de son titre The Blacker, the berry :

J’ai dit qu’ils me traitent comme un esclave, parce que je suis noir.
Nous ressentons un tas de douleur, parce que nous sommes noirs.
Et l’homme a dit qu’ils m’ont mis dans des chaînes, parce que nous sommes noirs
Imaginez maintenant, de grosses chaînes en or pleines de pierres
Vous ne voyez pas le fouet qui a laissé, des cicatrices sur mon dos.
Mais maintenant, nous avons un grand fouet placé dans le quartier.
Ils disent tous que nous sommes condamnés dès le départ, parce que nous sommes noirs.

Au Sénégal, il existe de même, divers artistes qui à travers leurs plumes, ne manquent pas de dénoncer certains facteurs de la société.

C’est le cas du groupe mythique Daara -J qui par exemple via des titres comme Xeet évoquait le problème des castes dans la société sénégalaise, dans Ndank, ils y parlaient de l’indiscipline routière qui est à la cause de beaucoup d’accidents au Sénégal.

On peut citer également leur titre : ça rend fou, qui met en avant les dangers du pouvoir en Afrique.

Voici quelques paroles de ce titre :

Ils nous laissent comme pourboire les coups d’armes à feu et des machettes.

Ils mettent leur peuple à genoux avec des dettes, prennent la poudre d’escampette avec des grosses mallettes !

Les artistes choisissent aussi d’aborder parfois ce qu’ils ont traversé dans leur vie, c’est le cas de Dj Arafat ( Le roi du Coupé Décalé Ivoirien décédé en 2019 ) qui dans certains de ces titres, extraits de son dernier album : Renaissance, dévoile au public ses galères.

C’est le cas notamment dans sa chanson à succès Enfant béni où il disait :

J’ai grandi dans la rue, y avait même pas mon papa
J’ai grandi dans la rue, j’avais même pas mes amis
Aujourd’hui ça va, tout le monde trouve quelque chose à dire dans mes histoires, ça me fait mal !

Soyez forts
Soyez toujours forts
Il ne faut jamais baisser les bras !

Pour venir à présent à l’exemple du Slam, qui est sorte de poésie apparu aux États-Unis dans les années 80.

Le slameur communie avec son public venu le voir en scène, en leur partageant de vive voix le texte qu’il a lui même écrit.

Le slam est avant tout : un art oratoire !

L’un des slameurs les plus connus un peu partout, est Grand Corps Malade !

Il choisit de se tourner vers l’écriture pendant sa période de convalescence, suite à un accident, d’où son choix pour le pseudo : Grand corps malade.

Une période durant laquelle il s’intéresse au slam, puis commence ensuite à écrire des poèmes.

Il y a également Abd Al Malik, beaucoup plus connu en France qui est à la fois : slameur, rappeur, écrivain…

En Afrique, on peut citer les exemples d’Al Faruq, slameur sénégalais qui avait remporté la coupe d’Afrique de slam en 2018 ( décédé l’année dernière ), ou d’Amee ( d’origine ivoirienne ).

Ci-dessous un extrait d’un de son texte Lettre à elle :

Les contes de fée te diront que comme : la belle au bois dormant, dont l’émancipation portera les empreintes des lèvres d’un prince charmant, que ta place dit, que la seule clé qui t’ouvrira la clé du bonheur, qu’il te suffit seulement d’être belle pour jouir des honneurs.

Ils te raconteront pleins d’histoires comme celle de Cendrillon, qui te feront croire que seul un homme changera : ta condition de souillon, que tu seras traitée comme une princesse, que lorsque tu prendras en otage le cœur d’un homme doté de richesse !

Il est temps pour moi de clore cet article avec cette citation de Roger Jon Ellory :

« Écrire peut servir à exorciser la peur et la haine ; ça peut être un moyen de surmonter les préjugés et la douleur. Au moins, si tu sais écrire, tu as une chance de t’exprimer… tu peux offrir tes pensées au monde, et même si personne ne les lit ou ne les comprend, elles ne sont plus piégées au fond de toi ».

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