La dépression : un sujet tabou dans la société africaine

Parler de dépression en Afrique, est presque utopique !

Beaucoup sur le continent noir, voient la dépression comme une affaire de : babtou, par conséquent propre à la culture occidentale, alors que c’est là où ils ont tout faux !

La dépression peut toucher n’importe quel être humain, qu’importe sa race, son pays !

Dans la société africaine, lorsque les gens voient une personne dépressive, ils pensent aussitôt qu’elle a commencé à perdre la raison, pour des raisons mystiques ( maraboutage ) ou que c’est à cause d’un djinn, alors que non !

N’importe qui peut se retrouver un jour confronté à un état dépressif et pour plusieurs raisons.

En Afrique, nous n’avons pas la culture d’aller voir un psychologue ou d’emmener une personne dont la situation mentale peut devenir compliquée : chez un psychiatre.

Nombreux sont ceux qui préfèrent au contraire toujours avoir recours au marabout, à la médecine traditionnelle, alors qu’il y a un suivi très important qui doit impérativement être fait derrière !

Posons-nous également les questions à savoir :

  1. Qu’est ce que réellement la dépression ?

2. Quels sont les facteurs réels qui sont liés à la dépression ?

Pour répondre tout d’abord à la première :

La dépression est avant tout, un trouble d’humeur impliquant un sentiment persistant de tristesse, de pensées morbides et de désintéressement.

Cette dépression clinique est un problème sérieux de santé mentale qui nécessite de la compréhension, ainsi que des soins médicaux.

S’agissant de la seconde question : Quels sont les facteurs liés à la dépression ?

Il faut savoir qu’il y a diverses causes qui existent pouvant entrainer une dépression, à savoir :

1. La perte d’un proche

Nous savons tous à quel point la perte d’un être cher reste une situation très difficile !

Il s’agit d’ailleurs d’une épreuve qui peut avoir un impact très important sur le mental d’un individu.

La douleur et le déni peuvent provoquer cette dépression.

Beaucoup refusent d’accepter la mort de leur père, de leur mère, leur sœur, leur frère, leur meilleur ami, ou encore : de leur enfant…

Ce choc brutal va entrainer une déprime total, une non-acception de la mort de l’autre.

Il y aura dès lors, ce repli sur soi-même, certains même penseront au fait de ne plus vouloir vivre !

Si la dépression, n’est pas vite détectée, la personne concernée pourrait même finir par ne plus jouir de toutes ses facultés mentales, car elle doit être prise en charge, mais surtout suivie : par un psychologue.

Il y a eu des drames terribles, notamment : le cas du naufrage du bateau le Joola au Sénégal en 2002 où plusieurs familles ont perdu pleins de proches en même temps.

Un homme avait même expliqué un jour dans un témoignage, que tous ses enfants y étaient restés !

Une prise en charge psychologique avait ainsi été mise en place à l’endroit des familles des victimes, ainsi que des rescapés.

Ce genre d’initiative doit davantage être renforcée au Sénégal, comme en Afrique à l’encontre de tous ceux qui traversent des périodes très difficiles et qui commencent à être dépressifs, après avoir survécu à la mort ou perdu un, voire des proches.

2. Vécu douloureux suite à un viol, un inceste

En Afrique, il y a pas mal de jeunes filles, de femmes qui ont déjà subi un viol au cours de leurs vies sans en parler à leur entourage ou encore : certaines parmi elles qui avaient décidé de révéler la vérité ont été traitées de menteuses, surtout lorsque le violeur est un membre de la famille ( oncle, frère, père, beau-père, cousin ).

Et même lorsqu’on les croit, on leur demande de ne pas en parler, comme on le dirait au Sénégal : faire preuve de Soutoura ( savoir préserver la dignité de l’autre ), parce que cela pourrait entrainer beaucoup de problèmes au sein de la famille.

On ne pense pas à la douleur, le ressentiment de la personne qui subit (ah ça non ! ), on pense plutôt à éviter que ce qu’elle a subi s’ébruite, pendant ce temps-là, le violeur présumé reste toujours bien au chaud, en continuant à cohabiter avec la victime, ou même s’ils ne vivent pas ensemble, il continue à vivre paisiblement sa vie !

Ainsi, toutes ces femmes citées, finissent par être dépressives, car ce poids reste extrêmement lourd pour elle, et qu’importe le nombre de mois, comme d’années qui passent !

Ceux qui par exemple, n’ont jamais su qu’elles ont déjà vécu une telle expérience, ont tendance à ne pas comprendre leur réaction lorsqu’on les touche, ou de par la nervosité, la colère, la méfiance, dont elles peuvent très souvent faire preuve à l’endroit des autres, en particulier : de la gente masculine !

3. Un Burn -out

Le burn-out se traduit par l’épuisement à la fois physique, émotionnel et mental lorsqu’un individu s’est beaucoup trop donné au travail ou vit une pression énorme dans son lieu professionnel.

Ainsi, il commencera à la longue, par déprimer, devenir nerveux et même finir par avoir des tendances suicidaires.

C’est un état de stress à un plus haut niveau, un trouble mental auquel il est très difficile de faire face !

Et, malheureusement il peut avoir un très grand impact pouvant causer par la suite, une dépression.

4. Devenir mère !

Après leur accouchement, il y a des femmes qui ont du mal à avoir des liens avec leur nouveau-né, les accepter !

Bien qu’avoir un bébé, puisse être un heureux événement, certaines femmes sont confrontées à de l’angoisse et de l’anxiété face à leur nouvelle vie de maman, ne supportent pas les pleurs de leur bébé, et ressentent surtout ce besoin de vouloir s’isoler….

On parle alors de : dépression post -partum !

Elle peut durer généralement de 6 mois à 1 an !

Dans la société africaine également, beaucoup ne connaissent pas cette forme de dépression !

5. Une Rupture / Un divorce

Une séparation de couple reste toujours difficile, voire jamais évidente !

Il y en a qui ne s’en remettent pas aussi vite, hommes comme femmes, en passant par une très forte déprime, qui finira par découler sur un manque de confiance en soi, puis en dépression !

Certaines femmes traversent cette situation à la suite de leur divorce.

La cousine d’une amie était passée par une période très compliquée de sa vie en vivant une dépression pendant presque un an, après ce que lui avait fait son petit ami avec qui elle était sur le point de se marier.

Le pire, c’est que cela s’était déroulé le jour même du mariage, il n’était finalement jamais venu !

Un message indirect oui, mais un message très clair de sa part, qui laissait entendre sans aucun doute ceci : « je pensai être prêt, mais finalement non ! »

6. Une trahison

Combien d’hommes, comme de femmes ont déjà surpris leurs partenaires avec une autre personne ?

Combien ont déjà été trahis par l’être bien aimé avec qui : ils ou elles aspiraient à se marier ?

Certains peuvent se donner la mort suite à cela, ou finir par perdre la raison.

Et par : perdre la raison, en fait allusion justement à une forme importante de dépression à ne surtout pas négliger !

7. Faire face à une sérieuse maladie

De nombreux individus qui font face à une maladie assez sérieuse, peuvent finir par devenir dépressifs, car moralement ils ne sont pas biens du tout, se sentent particulièrement malheureux !

Ils ont des idées noires, en se disant que la fin peut arriver à tout moment !

Et même si d’autres au contraire, ne pensent pas à la mort dans cette situation, ils ont parfois à la longue d’énormes difficultés à gérer ce qu’ils vivent, en raison des douleurs continuelles qu’ils ont au quotidien. Celles qui font par la suite de leurs vies : un véritable enfer !

Ils ont besoin avant tout d’être écoutés et bien entourés avant d’en arriver à ce stade de dépression !

8. Vivre un mal être !

Le manque de confiance en soi, ou la perte d’estime de soi, suite aux remarques des autres, peut aussi être un facteur important conduisant à la dépression.

C’est d’ailleurs pour cette raison qu’il est essentiel d’apprendre très tôt à un enfant à avoir confiance en lui, et à éviter surtout de lui faire certaines remontrances qui pourraient le blesser, car il finira par grandir avec certains complexes, et à ne pas s’accepter tel qu’il est !

J’ai beaucoup salué le courage de l’actrice sénégalaise : Halima Gadji qui lors d’une émission ivoirienne parlait de son problème de dépression qui a débuté la première fois à de l’age de 11 ans, ce qui explique les diverses tentatives de suicide qu’elle a déjà vécu dans sa vie.

Elle a été confrontée étant jeune à certaines expériences difficiles dont des moqueries suite au fait qu’elle soit bègue !

Je vous invite d’ailleurs à visionner la vidéo ci-dessous à ce sujet.

9. Le choc culturel

S’envoler pour d’autres horizons, partir vers l’inconnu n’est pas toujours une situation évidente pour quiconque, surtout pour ceux qui n’ont jamais quitté auparavant : leur terre -mère !

C’est le cas de ces nombreux africains qui se rendent pour la première fois à l’étranger, notamment dans le cadre de leurs études, ou pour un travail.

Dans la société africaine, comme nous le savons tous, il y a cette culture du : vivre ensemble, ce qu’on ne retrouve pas forcément dans beaucoup d’autres pays.

Alors, imaginez un sénégalais, un camerounais, un gabonais, un ivoirien… qui s’installe en Europe, aux États-Unis, ou en Asie, sans n’y connaitre personne !

Ce qui reste extrêmement difficile !

Se retrouver tout seul entre 4 murs, habiter dans un pays où aucun membre de sa famille y vit, ni ami, je pense qu’il y a rien de pire, surtout s’il s’agit d’un endroit ou les gens y sont froids, ne sont pas très sociables !

Certains étudiants sénégalais par exemple partis pour la première fois, ailleurs ont déjà vécu des déprimes très difficiles en raison de cette situation. Des cas de déprimes extrêmes qui ont finalement provoqué des dépressions.

Je me souviens d’ailleurs qu’on m’avait parlé une fois du cas d’un sénégalais en France qui était devenu dépressif, et qu’on devait aider à rentrer au Sénégal, par le biais d’une collecte.

Il faut savoir surtout , que véritable problème dans la société africaine, c’est que : beaucoup n’osent pas évoquer le sujet de la dépression. Même dans les foyers, le sujet y est tabou !

Cela, parce que lorsqu’ils voient une personne qui n’a plus toute sa tête, ils se disent surtout, que c’est parce qu’elle a été maraboutée, ou qu’elle est possédée par un Djinn qui l’a rendu folle !

De nombreux africains ne prennent pas le temps d’écouter les autres lorsqu’ils vivent des situations assez compliquées, et c’est pourquoi ces derniers finissent par devenir dépressifs !

En Afrique, comme je le disais au début de l’article : aller voir un psychologue, n’est pas ancrée dans la culture noire !

Lorsqu’on évoque les mots : psychologue ou psychiatre, c’est presque insensé aux yeux des autres !

Les gens préfèrent aller voir des guérisseurs traditionnels, des marabouts pour soigner cette personne qui vit une dépression, car étant toujours convaincu qu’il s’agit de maraboutage ou de Djinn !

Résultats : ils peuvent perdre beaucoup d’argent, et du temps suite à ce choix !

Je suis tombée sur cette vidéo intéressante dont le thème portait sur ce sujet : La dépression en Afrique, une utopie ?

Il y avait également un article de TV5 monde, paru en novembre 2020, dans lequel on expliquait que la jeune génération au Sénégal est celle qui ose brisé le silence sur le sujet de la santé mentale au Sénégal, car il y est rarement évoqué, même la prise en charge dans ce sens.

Une jeune sénégalaise avait pris l’initiative de lancer le hastag #cilonek ( qui se traduit en français par : comment vas -tu ? ) afin d »inciter les gens à parler de leurs expériences sur la dépression.

Une manière de les aider à pouvoir prendre enfin la parole sans ressentir le fait d’être jugés !

Il est temps aujourd’hui, plus que jamais de tirer la sonnette d’alarme sur l’urgence de la prise en charge de la santé mentale, qui reste encore peu exploitée dans la société africaine.

De plus, il ne faudrait pas ressentir de honte, en tant qu’africain à consulter un psychologue, si nous ressentons vraiment le besoin de le faire, car non : aller voir un psychologue, n’est pas uniquement propre à l’occident ou au continent américain !

Selon l’Organisation Mondiale de la santé, 264 millions de personnes, sont confrontées à la dépression et 85 % d’individus vivant dans des pays à faibles revenus, ne bénéficient d’aucun traitement dans ce sens.

Ce qui signifie bien évidemment que le continent africain, est concerné par ces chiffres !

L’Afrique doit cesser de faire de la dépression : une utopie, un sujet tabou et apprendre à y faire face , comme dans le font d’autres continents !

Il est temps de prendre conscience que ce ne sont pas tous les hommes, comme toutes les femmes que nous croisons ou voyons dans certains coins de rues, qui ont perdu la tête pour des raisons mystiques !

Arrêtons de toujours généraliser et arrêtons surtout, de négliger la dépression !

Apprenons à écouter l’autre lorsqu’il ressent ce besoin de se confier à quelqu’un !

Apprenons à être indulgent envers l’autre !

Apprenons à ne pas juger autrui !

Évitons de stigmatiser l’autre, de le blesser à travers des actes, comme des propos blessants !

Et sachez surtout comme le dit si bien la citation :

La dépression, n’est pas un signe de faiblesse, mais plutôt un signe d’avoir essayé d’être fort trop longtemps !

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