Être une femme, dans la société africaine

Quel que soit le statut de la femme : divorcée, mariée, célibataire ou encore, qu’elle soit veuve tout simplement, elle reste confrontée à certains préjugés dans la société africaine.

Il y aura toujours une étiquette que d’autres lui colleront.

Cela faisait un moment que je voulais aborder ce thème, car une fois, j’étais tombée sur la publication d’un humoriste web ivoirien que beaucoup connaissent du nom de Bravador, qui évoquait justement ce que les femmes pouvaient vivre en Afrique.

On a ainsi l’impression que beaucoup cherchent toujours à lui trouver du tort, même si le tort ne vient pas forcément d’elle !

A travers ces lignes, j’ai essayé de décortiqué chacun de ces exemples.

Commençons tout d’abord par :

  • La femme divorcée

C’est celle qui pour certains dans la société africaine, n’est pas un bon exemple, car elle s’est séparée d’un homme, alors qu’une femme en Afrique ( notamment au Sénégal ) doit accepter d’endurer, de supporter les choses les plus difficiles qu’elle puisse vivre dans son ménage, uniquement à cause de ses enfants.

C’est également celle qui pour d’autres n’est pas un modèle à suivre, parce qu’elle n’a pas su retenir un homme, ou pourrait être tout simplement : à la source de ce divorce.

J’ai lu récemment sur les réseaux sociaux le témoignage d’une femme sénégalaise qui expliquait que bien après son divorce, elle avait rencontré un autre homme qui voulait l’épouser, mais la famille de celui-ci n’était pas d’accord en raison de son statut de femme divorcée.

Ce que je trouve tellement aberrant !

Pourquoi une femme divorcée n’aurait-elle pas le droit de refaire sa vie ?

Et apparemment au Cameroun également, il y aurait des femmes qui vivraient la même situation.

L’auteur d’un article que j’avais lu à ce propos qui portait sur le calvaire de la femme divorcée, expliquait que dans ce pays, elle est stigmatisée, pointée du doigt et n’a pas droit à une seconde chance.

Le mariage étant une chose sacrée, la logique voudrait donc qu’une femme mariée reste mariée toute sa vie, sans jamais penser une seule fois au divorce.

Ce qui est dommage d’ailleurs, demeure le fait que de nombreuses familles en Afrique, se moquent de savoir quelles sont les raisons qui aient incité une femme à vouloir divorcer.

De plus, il peut arriver aussi parfois que lorsqu’une femme divorcée ait eu des enfants de son précédent mariage, la famille de l’homme qui souhaite l’ épouser, refuse catégoriquement qu’il le fasse, sans donner leur bénédiction à cette union, pour cette raison.

Inversement également, une femme peut subir une certaine pression de la part de son entourage afin de se remarier rapidement, parce qu’il est important pour une femme d’être dans un ménage, et non de rester libre comme le vent !

Venons à présent à :

  • La femme mariée

On pourrait penser que la femme mariée n’est jamais étiquetée, alors que certaines circonstances peuvent malheureusement faire qu’elle le soit, notamment lorsqu’elle est restée longtemps mariée sans avoir d’enfants.

J’avais d’ailleurs évoqué ce sujet dans un de mes articles intitulé : Quand stérilité rime au féminin, dont je vais partager le lien ici pour ceux qui n’ont pas encore eu à le lire : https://lespenseesdenicole.com/2018/07/31/quand-sterilite-rime-avec-feminin/.

Un article dans lequel j’expliquai que parfois, ce problème de stérilité pouvait ne pas venir d’elle, mais plutôt de son conjoint .

Cependant, le véritable souci qui existe en Afrique, c’est le fait que cette stérilité soit constamment associé à la gente féminine.

C’est toujours la femme qui est indexée, jamais l’homme !

Combien de femmes africaines, ont demandé un jour à leurs époux d’aller voir un spécialiste parce qu’elles étaient convaincues que ce souci d’infertilité venait d’eux, mais pour une question d’égo, d’orgueil, ils refusaient systématiquement de s’y rendre !

Lorsqu’une femme n’a toujours pas réussi à avoir des enfants alors qu’elle est mariée depuis un moment, il arrive souvent que sa belle-famille soit sans pitié envers elle, en la culpabilisant de ne pas être digne d’être une femme, de n’avoir jamais réussi à enfanter.

Chez une femme mariée, ne pas avoir d’enfants, c’est un peu comme : synonyme d’échec, en Afrique.

Du moins, c’est la philosophie de certains dans la société africaine.

De plus, si elle n’a pas de bons rapports avec sa belle-famille ou qu’elle ne se plie pas à leurs moindres attentes : c’est une mauvaise femme !

Par ailleurs, lorsqu’on prend le cas du Sénégal, après qu’une femme ait accouché, c’est elle qui : soi-disant doit offrir des cadeaux à sa belle-famille, alors que c’est elle qui a porté leur petit enfant 9 mois dans son ventre, qui a eu à vivre une grossesse difficile.

Je vais vous parler à présent de :

  • La femme célibataire

Être une femme célibataire en Afrique, c’est presque comme il s’agissait d’un crime.

Je ne peux m’empêcher de rire d’ailleurs en parlant de la sorte, mais c’est parfois l’impression que j’ai !

Lorsque vous êtes célibataire, en plus d’être une femme dans la société africaine, les gens ne vous lâchent plus !

J’en parlais dans mon article sur la pression sociale.

On vous reproche d’envoyer balader tous vos prétendants, d’avoir des critères trop élevés, parce que vous vous voulez coûte que coûte, d’un homme beau, riche, ou intelligent

Un homme qui saura répondre à toutes vos attentes !

Et, même si vous avez une bonne situation professionnelle, que vous gagnez très bien votre vie, beaucoup ne verront pas cela du même œil, car pour eux : réussir chez une femme, c’est être obligatoirement mariée !

C’est cela ou rien d’autre !

Autrement dit : Mieux vaut être une femme mariée sans emploi, plutôt qu’être célibataire, avec un emploi !

C’est d’un pathétisme inouïe, mais hélas c’est comme ça !

L’expression : le mariage n’est pas une fin en soi, n’existe pas dans le vocabulaire africain.

Une fois que vous avez passé le cap des vingt-cinq ans, on commence à vous considérez comme : une vieille fille !

On arrêtera pas de vous dire que l’horloge biologique tourne, qu’il faut faire rapidement des enfants avant l’âge de la ménopause.

Même lorsque vous allez voir certains gynécologues, vous avez l’impression d’être jugée, parce que vous n’avez pas encore d’enfants.

Vous entendrez parfois des paroles telles que :

« Il faut que vous fassiez vite des enfants ! Là il est temps ! »

Vous avez dès lors l’impression que vous êtes la seule FAUTIVE, que c’est à cause de vous : si vous n’êtes pas encore mariée !

C’est un peu comme ceux qui vous diront : « Mais qu’est ce que tu attends pour te marier ? »

Les gens passent leur temps à culpabiliser la femme célibataire, sans rien savoir de son vécu, de sa vie !

Enfin, venons-en à :

  • La femme veuve

Celle qui vit un veuvage ou qui est déjà sortie de cette étape en voulant ainsi refaire sa vie avec un autre homme.

Je vous renvoie d’ailleurs à l’article que j’avais fait sur ce sujet : Le regard de la société sénégalaise envers les femmes veuves.

En Afrique, la femme qui a déjà perdu son conjoint, vit une situation beaucoup plus difficile comparée aux précédentes : la femmes mariée, divorcée, comme célibataire.

Cela, au point où on peut même l’accuser parfois, d’avoir tué son conjoint décédé.

Je me demande comment certains peuvent avoir un esprit aussi malsain, voire démoniaque ?

La femme veuve peut être amenée à rencontrer d’autres hommes, qui une fois qu’ils apprennent qu’elle a déjà perdu un partenaire, décident de ne pas aller plus loin avec elle dans une relation, en rebroussant chemin !

Dans un autre contexte également d’autres personnes , diront d’elle, qu’elle porte la poisse !

Ce qui signifierait que le fait d’épouser une femme ayant déjà perdu un conjoint : porterait malheur à celui qui déciderait de l’épouser !

Je terminerai ces lignes à travers ces paroles :

Le problème majeur qui subsiste encore dans la société africaine réside dans la manière de se comporter vis-à vis d’autrui et la mauvaise manière de penser ( par conséquent : la mentalité ) !

Deux MAUX qui touchent le continent noir et dont beaucoup doivent se défaire une bonne fois pour toute !

D’où le fait que j’interpelle chaque africain, sur une véritable prise de conscience , afin d’aller dans le bon sens, en évitant de porter préjudice aux autres.

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